11.03.2006

Les prisons françaises, un état des lieux

Robert Badinter poursuit son combat pour l’amélioration du système carcéral. Il s'agit d'une « cause nationale » pour le sénateur et ancien ministre de la justice.

1) Les Etats généraux de la condition pénitentiaire

Mardi 7 mars il a lancé une vaste consultation du monde judiciaire et carcéral, une opération qu’il va mener avec l’OIP (Observatoire international des prisons). Depuis des années, les rapport accablants se succèdent et mettent en lumière la situation déplorable des prisons françaises sans que rien ne bouge vraiment. Robert Badinter souhaite, à la veille des élections présidentielles, relancer le débat et interpeller les candidats : ce sera « une injonction à agir ». Des questionnaires vont être distribués aux détenus. En octobre, suite à cette consultation, se tiendront des « Etats généraux de la condition pénitentiaire » dans l’espoir d’une réforme de l’institution pénitentiaire.

Récemment, plusieurs épisodes ont tiré une nouvelle fois la sonnette d’alarme : le 16 janvier, 10 « longues peines » de la prison de Clairvaux réclament symboliquement le rétablissement de la peine de mort. Un mois plus tard, la publication du rapport du commissaire aux droits de l’Homme du C onseil de l’Europe, Alvaro Gil Robles, montre la France du doigt. Il dénonce la surpopulation des prisons françaises et les conditions de vie des détenus qui sont dans certains cas « à la limite de la dignité humaine. »

2) Le point sur la situation  des prisonniers

Les faits sont en effet alarmants. Le taux d’occupation moyen des prisons françaises est de 115,7% (au 1er mars 2006) et atteint un triste record dans la prison de Lyon Montluc : 285 %. Les causes sont d’un côté l’augmentation du nombre de condamnation et de la longueur des peines et de l’autre le manque de financement et l’absence de véritable politique pénitentiaire. Cette surpopulation touche de nombreux pays européens, mais la France est en tête de liste.
Violence, suicide, humiliation, insécurité, insalubrité font partie du quotidien des détenus français. Ils sont plusieurs par cellule, souvent sans qu’il y ait de séparation des détenus selon leur situation (grands criminels ou auteurs de petits délits, mineurs et adultes dans le cas des femmes…) Les prisons françaises ne permettent plus, ou très mal, d’assurer une de leur fonctions essentielles, la réinsertion dans la société, par le travail notamment.

A lire pour en savoir plus:
-Paroles de détenus, Editions Librio, 2 euros. Un receuil de lettres, confession s, extraits de roman de prisonniers connus, anonymes, d'aujourd'hui ou du siècle dernier.
-Médecin-chef à la prison de la Santé, Véronique Vasseur. Livre de poche, 4,50 euros. Suite à ce livre paru en 2000 et aux réactions qu’il avait suscitées, deux commissions d'enquêtes, à l’Assemblée nationale et au Sénat, avaient été crées.

Source: en3mots.com