19.03.2007
Elysée: 12 candidats sur la ligne de départ
José Bové a eu peur mais il a finalement réussi à se qualifier pour le premier tour de l'élection présidentielle. Le Conseil constitutionnel a officialisé la nouvelle en fin d'après-midi. Les candidats sont nettement moins nombreux qu'en 2002, où ils étaient 16, un record. Sont donc en lice François Bayrou (UDF), Olivier Besancenot (Ligue Communiste Révolutionnaire), José Bové (Altermondialiste), Marie-George Buffet (PCF), Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), Jean-Marie Le Pen (Front national), Frédéric Nihous (Chasse, pêche nature, traditions), Ségolène Royal (PS), Nicolas Sarkozy (UMP), Gérard Schivardi ("candidat des maires", soutenu par le Parti des Travailleurs), Philippe de Villiers (Mouvement pour la France), Dominique Voynet (Verts). Quatre femmes se présentent, proportion encore jamais atteinte, et pour la première fois l'une d'elles, la socialiste Ségolène Royal, présentée par un parti majeur, a des chances de l'emporter.
Côté sondages, Nicolas Sarkozy confirme son avance en tête du 1er tour de la présidentielle avec 31% d'intention de vote et est donné gagnant au 2nd tour contre Ségolène Royal mais pas contre François Bayrou, selon un sondage TNS Sofres pour Le Figaro. Ségolène Royal arrive toujours en deuxième position au premier tour avec 24% d'intentions de vote, soit une baisse de 1,5 point et François Bayrou troisième avec 22%, soit un point de moins. Jean-Marie Le Pen est stable à 12%. Au second tour, Nicolas Sarkozy l'emporte contre Ségolène Royal avec 54% des suffrages exprimés, soit une hausse de deux points, contre 46% pour Ségolène Royal (-2 points). Le candidat de l'UMP perd en revanche contre François Bayrou, par un score de 46% contre 54%. Le candidat de l'UDF l'emporte plus nettement encore contre Ségolène Royal par un score de 60%-40%.
Aucun "petit" candidat ne dépasse 3% des intentions de vote au premier tour. Marie-George Buffet est donnée à 2,5%, soit un gain d'un point, tandis que chacun des deux candidats trotskistes Arlette Laguiller et Olivier Besancenot est crédité de 2%, comme le candidat altermondialiste José Bové. Dominique Voynet est stable à 1%. Philippe de Villiers perd un point à 0,5%. L'intérêt pour l'élection reste élevé, 79% des sondés disant s'intéresser à la campagne.
Source image : Gamma 2007
Source: Europe1
21:31 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.01.2007
Nicolas Hulot ne sera pas candidat aux présidentielles
« J’assume sans regret ma décision ». Nicolas Hulot a annoncé hier qu’il ne serait pas candidat aux élections présidentielles de 2007. Mais qu’il resterait vigilant à ce que l’environnement demeure au cœur de la campagne. « J'ai choisi de faire confiance à la parole des candidats », a-t-il indiqué. Les principaux candidats dont Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et François Bayrou ont en effet signé « son pacte écologique » lancé le 7 novembre et se sont engagés à mettre en place plusieurs de ses propositions. Nicolas Hulot a indiqué qu’il ne soutiendrait aucun candidat et qu’il allait créer « un observatoire permanent pour analyser les propositions à venir et veiller au respect des propositions déjà formulées ».
Source: en3mots.com
13:23 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.11.2006
Ségolène Royal, candidate socialiste à la présidence
178 000 militants sur les 192 000 des 102 confédérations du Parti Socialiste ont voté hier, lors de campagnes primaires inédites en France hier entre 16h et 22h. Ségolène Royal a reçu son ticket pour les présidentielles. En récoltant 60.62% des voix, elle a « bien gagné », selon l’expression de DSK qui termine second avec 20.83%. Laurent Fabius, lui, se positionne juste derrière avec 18,54%. Ces résultats sont officiels mais n’intègrent pas encore les scores des fédérations de Martinique, de Guyane et Guadeloupe.
Source image: Le Figaro
De son fief picto-charentais, la compagne de François Hollande, a réagi en ces termes : "Je veux simplement vous dire le bonheur que je ressens. Je suis très heureuse, je ressens l'honneur qui m'est fait. C'est le peuple qui s'est mis en mouvement, ce sont les militants qui se sont mis en mouvement et je veux leur dire, ils ne seront pas déçus". Elle a également sonné le rassemblement des forces de la gauche après six semaines de campagne intenses : "Nous allons tous ensemble gravir cette montagne jusqu'en mai 2007". L’investiture officielle de la nouvelle candidate à la présidence se passera lors d’un congrès à Paris le 26 novembre.
Source: En3mots
12:05 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.11.2006
Marie-George Buffet représentera le PCF et les antilibéraux aux présidentielles
Le Parti Communiste Français (PCF) a voté massivement la candidature de Marie-George Buffet. Hier, c’est avec 96 % des suffrages qu'elle a été élue représentante du PC pour le grand rassemblement antilibéral des présidentielles 2007. Elle l’a largement emporté sur ses deux concurrents : le député PCF de la Somme, Maxime Gremetz, et le vice-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, Jean-Jacques Karman. C’est le 22 octobre, à l’issue du congrès de Villejuif, que le PCF a décidé de proposer sa secrétaire nationale, Marie-George Buffet, comme candidate, non pas du seul PCF, mais d'un vaste rassemblement des anti-libéraux. Près de deux militants communistes sur trois ont voté, soit plus de 60 000 personnes sur 100 000 membres du PCF.
Source: En3mots
13:30 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.11.2006
Chevènement candidat
Le 36è candidat à la présidence de la République s’est déclaré : Jean-Pierre Chevènement est officiellement candidat à la course à l’Elysée depuis hier soir, motivant sa démarche par l’idée que « la France fout le camp ». Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) qui disait vouloir d’abord « entendre Ségolène Royal sur l’Europe et l’international », et qui un moment semblait pencher du côté de Laurent Fabius, n’a finalement pas attendu le 3ème débat socialiste, et a jugé sa candidature « nécessaire ». Ségolène Royal l'a invité à la rejoindre si elle est désignée par les socialistes. Au premier tour de 2002, le maire de Belfort aujourd'hui âgé de 67 ans avait rassemblé 5,33% des voix. Il avait alors été accusé par des socialistes d'avoir contribué à l'élimination de Lionel Jospin.
Source: en3mots.com
13:01 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Laurent Fabius verrait bien Nicolas Hulot en n°2 de son gouvernement
Laurent Fabius, candidat à l'investiture socialiste pour la présidentielle, a déclaré hier qu'il songeait à nommer Nicolas Hulot n°2 du gouvernement qu'il formerait s'il était élu Président de la République. Une déclaration qui tombe à point nommé, puisque les questions environnementales seront à l'ordre du jour du débat national entre les socialistes.
François Hollande a rappelé que Laurent Fabius n'est pas encore le candidat PS à la présidentielle, et qu'il existe déjà des candidats écologistes, Dominique Voynet, candidate des Verts, et Corinne Lepage, présidente de Cap 21.
Nicolas Hulot affirme ne pas exclure de se lancer dans la course à l'Elysée. Il doit présenter aujourd'hui son "pacte pour l'écologie", qui vise à interpel ler les candidats à la présidentielle sur les thèmes de l'environnement.
Source: en3mots.com
12:59 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05.11.2006
Christine Boutin : ''Je suis prête pour la présidentielle''
La présidente du Forum des républicains sociaux pense à soumettre sa candidature aux militants de l'UMP.
LE FIGARO. - Intituler votre livre Je ne suis pas celle que vous croyez, est-ce une manière de faire oublier votre combat contre le pacs, qui vous a pourtant rendue célèbre ?
Christine BOUTIN. - Je ne regrette pas ce combat. Il était nécessaire. Ce que je regrette, c'est d'avoir été lâchée par les miens. Ce sont les dirigeants de la droite qui m'ont envoyée au charbon, et m'ont ensuite laissée tomber en rase campagne, sans réagir lorsque Lionel Jospin, alors premier ministre, me traita de « marginale » et d'« outrancière ».
Nicolas Sarkozy veut donner de nouveaux droits aux couples homosexuels. François Bayrou n'exclut plus l'adoption par des homosexuels. N'êtes-vous pas plus isolée que jamais dans votre camp ?
La droite se livre à des contorsions sur ces sujets. Alors que l'opinion attend que nous ayons une attitude de courage et que chacun fasse connaître clairement ses intentions. J'aurai très bientôt l'occasion d'avoir avec Nicolas Sarkozy une conversation, notamment sur cette question. Les enjeux de société sont trop importants pour que les responsables politiques se contentent de suivre l'opinion.
Le mariage homosexuel et l'adoption par des couples homosexuels auraient-ils des conséquences sur le fonctionnement de la société française ?
C'est une évidence. Nous ne sommes plus dans un combat gauche-droite ou hétérosexuels contre homosexuels. C'est l'avenir de la société française qui est en jeu.
Le fait d'être une femme vous conduit-elle à une certaine bienveillance pour Ségolène Royal ?
Je sais qu'on l'a appelée « la Boutin de gauche » et que l'on me qualifie parfois de « Royal de droite » ! Plus sérieusement, son élection serait un désastre pour la gauche et pour le pays. Je n'aime pas sa manière d'utiliser l'opinion. La proposition de jurys populaires pour contrôler les élus est véritablement inouïe.
Qu'est-ce qui pourrait vous faire renoncer à être candidate 2007 ?
La situation politique est très ouverte. L'essentiel pour moi est que les débats de fond soient abordés. Cependant, en tant que femme de droite, je n'irai pas si ma candidature peut faire courir un risque à mon camp.
Si vous êtes candidate, sera-ce dans le cadre de la procédure fixée par l'UMP ?
Jusqu'à présent, je n'étais pas favorable à l'idée de me présenter au sein de l'UMP. Car je pensais que tout était bouclé d'avance pour que Nicolas Sarkozy obtienne 95 % des voix. Je ne veux pas jouer à la comédie en participant à une mascarade. Si véritablement il peut y avoir un débat ouvert, sur le fond, je suis prête à jouer le jeu. Même si je sais que je serai battue.
Quand votre déciderez-vous ?
Il y a un conseil national du Forum des républicains sociaux le 2 décembre, au cours duquel les cadres voteront le projet du parti : partage des richesses, soutien de la famille, etc. Je ne peux pas imaginer que de tels thèmes puissent laisser indifférent le président de l'UMP. Si jamais je devais constater une indifférence, alors je considérerais que la situation est ouverte. En tout cas, je suis prête. J'ai une association de financement. En 2002, j'avais obtenu 613 signatures. Aujourd'hui, je ne suis pas inquiète, j'obtiendrai à nouveau les 500 requises.
Christine Boutin, Je ne suis pas celle que vous croyez, First Editions, 291 pages 18,90 euros. (Ndlr du blog: si vous estimez que les homosexuels menacent la société française, alors ce livre est certainement fait pour vous!!!)
Source: lefigaro.fr
Légende: « Je n'irai pas si ma candidature peut faire courir un risque à mon camp », affirme Christine Boutin. (Jean-Christophe Marmara/Le Figaro.)
13:09 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.11.2006
Villiers : "Interdire le voile dans tous les lieux publics"
Le président du Mouvement pour la France se présente comme « le dernier défenseur de la République contre le communautarisme ».
LE FIGARO. - À quels faits précis pensez-vous lorsque vous affirmez que l'islamisme menace la laïcité dans notre pays ?
Philippe DE VILLIERS. - L'actualité démontre chaque jour l'avancée du communautarisme islamique en France. Feuilletons la presse des dernières semaines : un professeur de philosophie, Robert Redeker, menacé de mort pour avoir critiqué l'islam, le préfet de Seine-Saint-Denis qui écrit le 13 juin au ministre de l'Intérieur : « Les jeunes (...) sont aujourd'hui fortement travaillés par l'islam et sans doute le plus intégriste. (...) À chaque réveil de l'agitation dans telle ou telle cité, il est désormais quasi systématiquement observable que le relais de la gestion locale est pris par les»barbus* ». Il serait irresponsable de nier l'évidence : le problème ne fait qu'empirer.
Que préconisez-vous ?
Il faut un signal fort. La France doit imposer ses valeurs. Les musulmans sont bien sûr libres de pratiquer leur foi, mais ils doivent respecter les lois de la République et nos modes de vie. Je propose donc l'interdiction du voile islamique dans la rue et les espaces publics. Le voile islamique est le symbole de la soumission de la femme et porte atteinte à sa dignité. C'est aussi un obstacle à l'appartenance à la communauté nationale et un instrument utilisé par des activistes qui s'attaquent aux fondements de la République.
Votre proposition est-elle compatible avec la jurisprudence du Conseil constitutionnel en matière de libertés publiques ?
Dans l'état actuel du droit français, on ne peut pas remédier aux situations scandaleuses que le rapport Stasi sur la laïcité dénonçait en ces termes en décembre 2003 : « Des jeunes filles ou des femmes portent volontairement le voile, mais d'autres le revêtent sous la contrainte ou la pression. Il en va ainsi des fillettes préadolescentes à qui le port du voile est imposé, parfois par la violence. » Le rapport Stasi ajoutait : « Les jeunes filles, une fois voilées, peuvent traverser les cages d'escalier d'immeubles collectifs sans crainte d'être conspuées, voire maltraitées, comme elles l'étaient auparavant, tête nue. Le voile leur offre ainsi, paradoxalement, la protection que devrait garantir la République. » Allons-nous continuer à détourner les yeux ?
Quelles sont les solutions retenues chez nos voisins ?
En Belgique, le Parlement régional de la Flandre a prohibé le port du voile islamique sur la voie publique. Au Pays-Bas, le sujet fait la une de la presse. Le ministre de l'Immigration, Rita Verdonk, s'est déclarée favorable à cette mesure. Certaines villes comme Utrecht ont prononcé la même interdiction. En Allemagne, le secrétaire d'État à l'Intégration a qualifié le voile islamique de « signe d'isolement, voire d'oppression, lorsqu'il est imposé aux jeunes filles et aux femmes ». Nous sommes le seul pays européen où ce débat est interdit. Et même la Tunisie vient de prohiber le port du voile islamique dans tous les espaces publics...
Ne craignez-vous pas d'être accusé de jouer les boutefeux ?
Au contraire, il ne faut pas confondre le pompier et l'incendiaire ! Selon une enquête publiée le 17 août par le très sérieux institut d'enquête américain Pew Research Center, 46 % des musulmans français revendiquent en priorité leur appartenance à l'islam plutôt qu'à la France. Nous sommes devant un problème non pas religieux mais éminemment politique. Dans mon livre, Les Mosquées de Roissy, paru en avril dernier, j'avais révélé l'existence de mosquées clandestines et de réseaux de bagagistes islamistes dans cet aéroport d'Île-de-France. À l'époque, de nombreux médias et la quasi- totalité des hommes politiques ne m'avaient pas cru. Or, six mois après, que constate-t-on ? Le ministre de l'Intérieur avoue l'existence de lieux de culte clandestins à Roissy, s'efforce de les fermer, et il tente de retirer leur habilitation à des bagagistes suspects qui travaillaient en zone réservée ! Les faits me donnent raison. De même, sur le voile islamique, je ne fais que dire ce que pensent nos concitoyens. Ce n'est pas à la France de s'adapter à l'islam, c'est à l'islam de s'adapter à la France. Ce sera une question essentielle de l'élection présidentielle de 2007 : je suis le seul à briser le tabou et le dernier défenseur de la République contre le communautarisme.
Source: lefigaro.fr
Légende: Pour Philippe de Villiers, «les musulmans sont libres de pratiquer leur foi, mais ils doivent respecter les lois de la République et nos modes de vie ». (Le Figaro/A.Aubert).
15:57 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
31.10.2006
Jacques Chirac au Figaro : "Ce que je veux, c'est l'action avant tout"
Emploi, banlieues, justice, croissance... Dans un entretien exclusif à paraître mardi dans Le Figaro, le chef de l'Etat fixe le cap des mois qui viennent. En voici le contenu intégral.
Le Figaro - Un an après les émeutes dans les banlieues, beaucoup d'observateurs, de maires, estiment que la situation ne s'est pas améliorée. Est-ce que le gouvernement en a fait assez ?
Jacques Chirac - La situation reste certes difficile dans un certain nombre de quartiers, mais mon sentiment c'est que les choses avancent. Le gouvernement mène une action forte qui commence à porter ses fruits. Cette action de longue haleine s'appuie sur deux axes, la fermeté face aux violences -et vous me permettrez d'avoir une pensée pour mademoiselle Galledou, qui a été grièvement brûlée lors d'une agression ignoble dans un bus à Marseille-, et le combat fondamental pour l'égalité des chances. Je pense au plan de rénovation urbaine et au plan de cohésion sociale, que j'ai voulu et qui est mis en œuvre avec dynamisme par Jean-Louis Borloo.
Avec le Plan de Rénovation Urbaine, nous avons un rythme de constructions sans équivalent depuis 25 ans, qui représente tout de même 35 milliards d'euros jusqu'en 2013, et qui concerne 600 quartiers, c'est-à-dire 4 millions d'habitants. Nous sommes à peu près aujourd'hui au milieu du chemin. Quant au plan de cohésion sociale, il représente 13 milliards d'euros sur cinq ans. C'est un effort massif, il apporte déjà des résultats et il va nous permettre de changer les choses en profondeur.
Il y a aussi la création de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et les zones franches pour lesquelles j'avais été critiqué au moment de leur lancement, il y a dix ans et qui marchent bien. Dans bien des endroits ces activités nouvelles ont complètement transformé la vie. Le ministre de l'Education, Gilles de Robien, a quant à lui lancé une bonne réforme, celle des collèges ambition réussite. Enfin, l'Agence pour l'égalité des chances, à laquelle le premier ministre Dominique de Villepin tenait énormément, fonctionne.
Grâce à ces efforts, grâce aux élus, grâce aux travailleurs sociaux, grâce aux associations, les choses bougent, elles s'améliorent. Je voudrais rendre hommage à tous ces acteurs de terrain. Et je veux lancer un appel à la responsabilité. Il faut que chacun prenne conscience de son rôle dans la société et refuse la violence.
Le Figaro - Et pour ceux qui ne refusent pas la violence ?
Il faut évidemment réagir et mettre en oeuvre les moyens de sanction nécessaire. C'est le sens des décisions prises par le Premier ministre hier. L'action menée dans des conditions difficiles par le ministre de l'Intérieur est bonne. C'est une action à la fois de prévention et de sanction. C'est particulièrement nécessaire lorsque sont mis en cause les représentants de la force publique. Il n'est pas acceptable que des forces de l'ordre ou des agents de l'Etat puissent être agressés. Tout doit être fait pour renforcer cet aspect de la sécurité.
Le Figaro - Est-ce qu'il faut adapter la réponse judiciaire ?
Oui. Parmi les réformes engagées, il y a la loi sur la prévention de la délinquance, initiée par Nicolas Sarkozy. Elle sera conduite naturellement à son terme et répond à cette exigence. Elle sera votée à la fin de l'année.
Le Figaro - Nicolas Sarkozy a parlé de peines planchers, de juger les agresseurs de policiers devant les assises et de revoir l'ordonnance de 1945 sur les mineurs. Qu'en pensez-vous ?
Il faut tenir compte de la situation, des évolutions des comportements et en tirer les conclusions. On ne peut pas laisser, sous prétexte qu'ils sont mineurs, des jeunes s'adonner à la violence. Il est de notre responsabilité de faire respecter les règles. C'est la condition de l'équilibre de la société.
Le Figaro - Le ministre de l'Intérieur a regretté le manque de sévérité des juges...
On a beaucoup trop épilogué sur un soi-disant problème entre la police et la justice. C'est vieux comme le monde. Je respecte, par définition, l'une et l'autre et je n'ai pas du tout l'intention d'entrer dans une polémique.
Le Figaro - La réforme de la justice affichait des objectifs très ambitieux. On a eu le sentiment qu'elle se réduisait au fil des jours. Qu'en reste-t-il ?
A la suite de l'affaire d'Outreau, je me suis trouvé confronté à deux possibilités. La première c'était la grande réforme de la justice. J'ai considéré qu'à six mois d'une échéance majeure pour le pays, on n'engageait pas une réforme de très grande ampleur qui devait faire l'objet d'un grand débat national. J'ai voulu en revanche que soient prises dès maintenant les mesures d'urgence pour répondre aux dysfonctionnements constatés dans cette affaire : enregistrement des gardes à vue et des auditions devant les juges d'instruction pour les cas les plus graves en se donnant les moyens nécessaires ; création des pôles d'instruction ; saisine du Médiateur par les justiciables ; et amélioration de la responsabilité des juges. Ce point fera l'objet d'une disposition que le gouvernement présentera sous forme d'amendement.
Le Figaro - Une polémique a opposé Thierry Breton au Medef sur les 35 heures. N'avez-vous pas le sentiment, avec le recul, qu'elles auraient dû être abrogées pour libérer l'économie française?
Les 35 heures, de mon point de vue, ont eu des conséquences négatives. Sur le plan économique en handicapant la productivité française, sur le plan social en limitant la hausse du pouvoir d'achat et sur le plan des principes, car je ne pense pas que l'objectif qui doive être affiché dans une économie moderne soit de travailler le moins possible. La réforme a été mal réfléchie, mal appréciée et imposée sans concertation. J'ai voulu qu'elle soit assouplie en faisant toute sa place au dialogue social. Nous avons fait voter deux lois en ce sens.
Le Figaro - Donc pas besoin d'une nouvelle loi ?
Non, l'enjeu d'aujourd'hui c'est d'appliquer ces lois. Les entreprises ne le font pas suffisamment.
Le Figaro - Vous avez fait de la lutte contre le chômage une exigence de l'action du gouvernement. Où en est-on ?
La lutte contre le chômage c'est la priorité absolue. Depuis un an et demi le chômage baisse. Pour le mois de septembre, il y a eu 30 000 chômeurs en moins. Ce qui nous permet de passer en-dessous de la barre des 9%, à 8,8%. Nous sommes dans la bonne direction. L'amélioration touche toutes les catégories, les jeunes, mais aussi le chômage de longue durée qui baisse fortement. C'est 350 000 chômeurs de moins en un an et demi. Je ne vous cache pas que pour moi ce combat contre le chômage est une préoccupation qui dépasse de cent coudées les considérations d'ordre politique. D'autant plus que ces bons résultats, permettent à la France de pouvoir maintenant se fixer de nouvelles ambitions. Et je pense notamment à la nécessaire augmentation du pouvoir d'achat des Français.
Le Figaro - Quel seuil espérez-vous atteindre en 2007 ?
Nous mettons tout en œuvre pour que la France passe sous la barre des 8 % en 2007. C'est volontariste et c'est possible.
Le Figaro - Quelles sont les réformes qui vous paraissent devoir être conduites avant le terme de votre mandat ?
Il y a des réformes qui sont engagées et dont j'entends qu'elles aillent jusqu'à leur terme. Pour l'intérêt du pays, ce que je veux, c'est l'action avant tout. Le gouvernement doit poursuivre son action, notamment dans les domaines importants : prévention de la délinquance, parité en politique, réforme des tutelles, protection de l'enfance, loi sur l'audiovisuel pour permettre le passage au numérique dans de bonnes conditions. Je souhaite que ces réformes soient adoptées avant la fin de l'année. Rien ne me détournera de ces objectifs. On peut prendre des décisions importantes dans la période actuelle, comme on l'a vu avec Gaz de France, la réforme du dialogue social et l'interdiction du tabac dans les lieux publics.
Le Figaro - Un certain nombre de personnes s'inquiètent de cette interdiction. Nicolas Sarkozy dit qu'il faut l'assouplir dans les petits bureaux de tabacs de campagne. Qu'en pensez-vous ?
J'ai ouvert un chantier prioritaire, la lutte contre le cancer, il donne des résultats importants. Dans ce cadre, il fallait agir contre le tabac. Ça peut choquer certains, mais si on regarde les choses avec un minimum de distance, on s'aperçoit que l'interdiction dans les lieux publics est une nécessité. Le gouvernement envisage de l'appliquer par étapes. C'est très bien. Ce qui est essentiel, c'est de conduire à terme cette réforme.
Le Figaro - Parmi ces réformes, il y a la baisse de la dépense publique et la maîtrise de la dette. Est-ce que c'est réalisable en période électorale ?
L'amélioration de l'emploi, c'est mon obsession. Mais cela ne peut se faire sans l'amélioration de l'économie et des finances publiques. L'action du gouvernement nous conduit à avoir la plus forte croissance de la zone euro. Nous sommes aujourd'hui, et la Commission européenne l'a reconnu, parmi les grands pays de la zone euro, les mieux gérés en Europe. Nous sommes le seul à respecter de façon incontestable et incontesté les exigences de Maastricht. Je voudrais de ce point de vue rendre un hommage particulier au ministre de l'économie qui a su gérer comme il fallait les finances publiques de notre pays. Je note que pour la première fois depuis très longtemps, nous assistons à une baisse des dépenses en volume et à une baisse de la dette, objectif qui n'avait jamais été atteint.
Baisse du chômage, réduction de la dette, réformes, croissance, tout cela ne s'est pas fait par l'opération du Saint-Esprit. On est toujours avare de compliments. Mais il faut le dire. Tout ça est le résultat de l'action résolue du Premier ministre, Dominique de Villepin, qui donne en permanence une impulsion et assure le suivi de l'ensemble des réformes.
Le Figaro - Vous avez dit que vous annonceriez votre décision de vous représenter ou de ne pas vous représenter au cours du premier trimestre 2007. Mais, en votre for intérieur, avez-vous fait votre choix ?
Il est de ma responsabilité de Président de la République de donner la priorité à l'action. La France ne peut pas se permettre de perdre six mois tous les cinq ans. Je me prononcerai le moment venu, c'est-à-dire au 1er trimestre 2007.
Le Figaro - Pour la présidentielle de 1995, pourtant, vous vous étiez déclaré six mois avant l’échéance. Ce qui valait hier ne vaudrait plus aujourd’hui ?
Les circonstances ne sont pas les mêmes. En 1994, je n’étais pas Président. Aujourd'hui, je vous le redis, ma fonction m'impose de mener l'action au service des Français jusqu'à son terme.
Le Figaro - En fonction de quels critères – intérieurs, extérieurs – prendrez-vous votre décision ?
Un critère tout simple : l’idée que je me fais de l’intérêt de la France.
Le Figaro - S’il arrivait qu’un ministre soit candidat, pourrait-il rester en fonction ou bien devrait-il quitter le gouvernement pour mener campagne ?
Le principe est simple. Ce qui compte pour moi, c'est qu'un ministre assume pleinement et totalement ses fonctions ministérielles.
Le Figaro - Dans la majorité, certains disent redouter le retour de la machine à perdre…
Depuis qu’il y a des élections, on l’a toujours dit.
Le Figaro - Convenez tout de même que ces dernières semaines l’ambiance, au sein de la majorité, a été plutôt agitée…
Peut-on vraiment dire cela ? Je vous le dis en homme d’expérience : il y a eu des périodes plus difficiles. Cela étant, je souhaite que la majorité garde à l’esprit le vieux principe selon lequel l’union fait la force, et qu’elle agisse en conséquence.
Le Figaro - Avez-vous vous regardé les débats du parti socialiste ? Quel jugement portez-vous sur la méthode retenue ?
C'est le choix du Parti Socialiste et je n'ai aucun commentaire à faire.
Le Figaro - Ségolène Royal a récemment défrayé la chronique en proposant un « jury populaire » pour « surveiller » les politiques. Qu’en pensez-vous ?
Je ne vais pas commenter chacune des propositions des candidats à la candidature au sein du Parti Socialiste.
Le Figaro - Mais vous avez tout de même écarté la proposition faite par Dominique de Villepin d’introduire des caméras en Conseil des ministres…
J’ai été étonné que cette mise au point ait été interprétée par les uns ou par les autres comme une critique ou un désaveu. Le premier ministre a fait une suggestion inspirée par l’idée, juste, qu’il faut encourager la participation des Français à la vie politique. J’ai dit que cette suggestion ne me paraissait pas conforme à l’idée que je me fais du principe d’indépendance et du secret nécessaire à certains débats qui peuvent engager la sécurité intérieure ou extérieure de la France. Voilà tout.
Le Figaro - Pensez-vous que l’UMP doive s’inspirer du principe des primaires pour sélectionner son candidat ?
C'est la responsabilité de l'UMP. Je suis président de la République et je n’ai pas à m’immiscer dans la vie des Partis.
Le Figaro - Mais estimez-vous possible, et souhaitable, que plusieurs candidats issus de l’UMP soient en concurrence à la présidentielle ?
L’élection présidentielle c’est une rencontre entre un homme et un peuple ; tel est l’esprit du gaullisme, telle est la logique de l’élection du président au suffrage universel. Tout est donc est possible. Quant à ce qui est souhaitable, je dirais qu’il faut privilégier l’esprit d’unité et de rassemblement.
Le Figaro - Vous avez affirmé votre volonté de voir aboutir avant la fin de votre quinquennat la réforme du statut pénal du chef de l'Etat. Pensez-vous compte tenu du calendrier, que cet objectif pourra être atteint ?
Je le souhaite. Je vous rappelle que j'avais demandé un rapport à une commission présidée par le professeur Pierre Avril. Ces conclusions ont été très largement approuvées. Le gouvernement les a traduites dans un projet de loi qui a été adopté, sous ma présidence, en Conseil des Ministres. Il est maintenant soumis à la Commission des Lois de l'Assemblée Nationale. J'espère que les parlementaires l'approuveront et que le projet pourra être voté avant la fin de la législature.
Le Figaro - Dans l'affaire Clearstream, le Premier ministre et la ministre de la Défense vont être entendus par les juges. Est-ce que cela peut ne pas avoir de conséquences politiques ?
La justice est saisie et je lui fais naturellement toute confiance. Depuis mon entrée en fonction, j'ai agi d'une part pour la moralisation des marchés internationaux (et ils en avaient besoin) et d'autre part pour la lutte contre les réseaux mafieux et terroristes. J'en ai fait une exigence de l'action de la France. Je vous rappelle que j'ai personnellement voulu que la France ratifie la convention de l'OCDE sur la moralisation des exportations et du commerce international. J'ai ensuite fait adopter en 2003 une résolution par le G8 à Evian, sur la lutte contre les réseaux mafieux et contre le financement du terrorisme. Dans ce contexte, chaque ministre compétent se devait et se doit d'être particulièrement vigilant et de prendre toutes les mesures dans ce sens. C'était évidemment le cas du ministre des Affaires Etrangères, Dominique de Villepin, c'était sa fonction et son rôle. Pour le reste, la justice étant saisie, je n'ai pas d'autre commentaire à faire.
Le Figaro - Mais est-ce que c'est sans conséquence politique ?
Le Ministre de la Défense et le Premier Ministre ont demandé à apporter leur témoignage. Il n'y a rien en cela qui soit de nature à entraver le travail gouvernemental
Le Figaro - Bombardier, entreprise canadienne, a été choisie par la SNCF pour construire les nouvelles rames de trains de banlieue pour la région parisienne. Un certain nombre de voix se sont élevées pour regretter qu'une entreprise française, Alstom, ait été écartée de ce marché. Comment avez-vous réagi ?
Nous sommes dans une économie de compétition, une économie ouverte. La SNCF a fait un appel d'offre. La SNCF a donc choisi son fournisseur, et c'est sa responsabilité. Mais vous le savez, je reviens de Chine, pays qui va construire dans les années à venir autant de lignes TGV qu'il en existe aujourd'hui sur tout le réseau européen et ce qui compte c'est que grâce à la qualité de ces produits, Alstom a tous les moyens de prendre toute sa part sur ce marché qui a des perspectives énormes.
Le Figaro - Areva est candidat en Chine pour construire des centrales nucléaires de troisième génération, des EPR. C'est un dossier que vous avez abordé pendant votre voyage à Pékin. La France a-t-elle des chances d'emporter ce marché ?
C'est pour la France une décision capitale. Nous avons 20 ans d'expérience avec la Chine dans l'électro-nucléaire. Je souhaite que cette coopération puisse se poursuivre pour ce qui concerne la 3ème génération, c'est-à-dire pour l'EPR. C'est sans aucun doute l'intérêt technique et politique de nos deux pays. C'est ce que j'ai rappelé aux autorités chinoises. Je suis confiant.
Source: lefigaro.fr
Légende: Jacques Chirac, le 30 octobre 2006, dans son bureau à l'Elysée. (Le Figaro/J-C. Marmara).
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Chirac : droit d'inventaire
Depuis que, forçant l'habituelle langue de bois, le sénateur de la Sarthe a rendu public ce qu'il disait en privé - "De Chirac on ne se souviendra de rien, sauf de mes réformes" (Le Monde du 4 juin 2005) -, François Fillon a découvert l'ivresse d'une parole libre. Et cette "vérité" ne s'impose aucunes bornes, en tout cas pas celles qui touchent à l'Elysée.
Bien qu'il se défende d'avoir voulu tracer un portrait "au vitriol" du chef de l'Etat, c'est bien à lui que l'ancien ministre des affaires sociales adresse ses flèches les plus aiguisées, en dessinant le portrait d'un président rétif aux réformes, changeant, mal assuré dans ses convictions, désabusé, coupé du réel. M. Fillon s'attache à comptabiliser "fautes", "erreurs" et "contresens" du chef de l'Etat dont il fut deux fois ministre : "La fréquentation obligée d'élus prêts à tous les compromis lui a fait perdre toutes illusions. Ses antennes vers la société ne sont plus représentatives. Elles lui renvoient une image fausse de la France."
Plus loin, le conseiller politique de M. Sarkozy repousse un peu plus les limites de sa liberté en s'attaquant au coeur de la mythologie chiraquienne : son humanité. "Contrairement à l'image d'un Chirac chaleureux, attentif, le président se montre souvent, dans la gestion des hommes, cassant, abrupt, cynique. Sans doute parce qu'il a passé trop de temps au pouvoir, il n'a guère d'estime pour les responsables politiques."
Mais, au-delà des critiques de l'actuel sénateur de la Sarthe, c'est un nouveau modèle de fonctionnement entre l'Elysée et Matignon qui s'élabore. Dans ce modèle, le chef de l'Etat serait pleinement engagé dans la gestion du pays, rendrait des comptes une fois par an devant le Parlement et soutiendrait son premier ministre dans sa volonté de réforme. Plaidant pour une limitation du nombre des ministres à 15, pour un usage modéré du droit de dissolution et l'abandon du 49.3, M. Fillon dessine un nouvel équilibre des pouvoirs qu'il répugne toutefois à nommer VIe République. Revendiquant ses succès, l'ancien ministre élargit son champ de compétence à l'économie, à l'Europe. Et laisse entrevoir de plus hautes ambitions, sans les assumer tout à fait.
Pour M. Fillon, l'identité du futur président ne fait pas de doute : ce président engagé, cet anti-Chirac, ne peut être que Nicolas Sarkozy, dont il est devenu le conseiller politique ; l'identité du second, ce chef de gouvernement réformateur lui ressemble clairement. "J'ai appris, en faisant de la course automobile, écrit-il, que, pour maintenir sa trajectoire, (...) il faut anticiper les virages et les obstacles."
François Fillon, pilote de Matignon ? Le président de l'UMP ne devrait rien trouver à redire à ce plaidoyer qui ne dit pas son nom. Tant il est vrai que Nicolas Sarkozy semble parfois guider la plume de son conseiller politique. Beaucoup des propositions du premier se retrouvent dans cette ébauche de "programme de gouvernement" esquissée par l'ancien président de la région Pays de la Loire. A moins que ce ne soit l'inverse.
La France peut supporter la vérité de François Fillon Albin Michel, 267 p., 18 €.
Source: lemonde.fr
(AFP/JACK GUEZ)
Légende: François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy.
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